Sophie, créatrice de Sophie Cano - NOEMI

Sophie, créatrice de Sophie Cano

Publié par Noémie Pauquet le

Après avoir travaillé chez de grands créateurs, qu’est-ce qui a déclenché l’envie de créer ta propre marque ?

Ce qui a déclenché l'envie de créer ma propre marque, c'est une vraie petite anecdote. C'est la frustration, en fait, d'avoir des produits refusés lors d'un meeting de présentation de collection. J'avais fait des petits sacs, pour Noël, pour une grande maison. On a trouvé ça trop bobo et trop cher pour la cible. Et en sortant de cette réunion, j'ai des amis stylistes qui m'ont dit : « Mais c'est canon, vas-y, mais sors-les pour toi ! ». J'ai pas réfléchi, je les ai fait fabriquer, j'en ai commandé 50 de chaque, il y en avait trois. Et après j'ai fait des ventes privées, et donc la marque était créée. J'avais rien budgété, rien prévu, rien. Donc après j'ai couru après le temps.

Quel rôle les voyages jouent-ils dans ton inspiration ?

Je voulais être anthropologue du costume au départ, j'ai toujours dessiné des femmes, des vêtements et tout ça. Quand j'étais très jeune et que j'ai eu la chance de rentrer chez Chloé, en fait à cette époque-là je croyais que styliste c'était de remanier des costumes traditionnels en mettant la sauce contemporaine. Donc j'ai toujours été passionnée par les broderies, enfin tout ce qui est savoir-faire très traditionnel. 

J'ai énormément travaillé au Japon, donc pareil sur l'indigo, les teintures, la soie... Et donc j'ai toujours été complètement nourrie de ça et j'ai même voyagé pour ça beaucoup. Donc c'est complètement imbriqué. C'est pour ça que mes collections de sacs, elles sont vraiment sur du savoir-faire de broderie et beaucoup inspirées par la Route de la Soie, par divers éléments culturels qu'on va avoir. C'est le voyage, clairement.

 

Comment définis-tu l’identité de tes collections ?

Alors c'est tellement personnel que ça m'a mis vraiment du temps de l'identifier. En fait, très clairement maintenant je sais : c'est qu'en fait mes sacs, c'est comme des œuvres, c'est comme une toile sur laquelle moi je jette mes idées. Donc il y a toujours une inspiration qui est très précise et je pars en délire avec. Je dessine avec des perles, c'est vrai que c'est principalement des perles, de la cannetille et tout ça. Mes collections, c'est des œuvres à porter, c'est des pièces à porter. C'est un sac, c'est utile, c'est du design, donc c'est du design utile, mais c'est de la... c'est du design de beauté, je dirais. 

Peux-tu nous parler un peu de tes collaborations telles que le Moulin Rouge ou l’Institut du Monde Arabe ?

Alors c'est vraiment arrivé par hasard, c'est pas moi qui suis allée les chercher. C'est les musées qui sont venus sur des salons comme Who's Next, Première Classe, les salons professionnels, et notamment surtout aussi le Salon des Musées qui se tient une fois par an. C'est un salon très professionnel et qui m'a invitée en me disant que je correspondais complètement aux curations des musées. Et j'ai eu Notre-Dame de Paris et en même temps le Moulin Rouge pour cette première édition que je faisais. Donc c'était assez drôle quand même, très parisien. Après il y a eu l'Institut du Monde Arabe, entre-temps le musée Van Gogh à Amsterdam, là il y a la BNF qui sort maintenant... Voilà, donc très, très grande chance je dois dire, c'est hyper plaisant à faire.

 

Qu’est-ce qui, selon toi, rend un accessoire si spécial aujourd’hui ?

Alors je pense que même si j'aime beaucoup tout ce qui est très design, très épuré, très minimaliste (c'est là où je suis assez ambivalente), en fait il y a un moment donné où j'en ai un petit peu marre de cette unité. Depuis beaucoup d'années, la couleur a complètement disparu de nos palettes traditionnelles. Et moi, j'ai vraiment envie de ravoir du savoir-faire, de la couleur. Voilà, c'est justement l'accessoire qui se distingue chez moi par son ornement.

Pourquoi avoir choisi de faire plusieurs modèles ?

Parce qu'en fait à chaque fois que je fais un design, c'est un gros travail en général de mise au point, perle par perle. Et j'aime bien, évidemment, qu'il y ait toute une ligne. Du coup c'est vrai qu'au début j'avais sorti que des petits sacs carrés qui étaient le début des collections, et puis j'ai étoffé pour avoir donc des pochettes plus plates, une gamme de prix un peu moins chère, des petits porte-monnaie qui sont vraiment des petits bijoux à sortir de son sac. Et puis au fur et à mesure, là on vient de sortir toute une série de pochettes téléphone, donc hyper pratiques, qu'on trimballe partout. Ou des petits porte-cartes, des protège-passeports... Voilà, ça m'arrive souvent passant en douane d'avoir un douanier qui me fait « Waouh » comme ça en regardant.


Retrouvez la marque sur son e-shop : https://sophiecanoparis.com/

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