Pourquoi avoir choisi une fabrication française et artisanale ?
J'ai choisi de rester sur une manufacture artisanale car nous avons des pièces qui sont fabriquées en petites séries. Pour chaque collection, nous sortons une douzaine de modèles avec 20 exemplaires chacun, qui restent ou non en collection selon leur succès. Cela signifie qu'à chaque lancement, nous avons environ 200 pièces.
Je voulais conserver ce côté artisanal. De plus, nous avons une très belle manufacture en France ; tout est cousu main sur l'ensemble des pièces. Je tenais à garder cet aspect "fait main" sur le produit pour pouvoir contrôler la qualité et vérifier que tous les points sont bien faits, sans que cela soit trop coûteux en l'envoyant à l'étranger.

Comment sélectionnez-vous vos matières ?
J'ai la chance de pouvoir réellement choisir mes tissus car ce sont des pièces qui ne demandent pas beaucoup de métrage. Je peux donc optimiser le tissu. Nous utilisons de la soie, du satin, mais aussi des matières beaucoup plus onéreuses car nous utilisons de petites quantités pour chaque pièce. Cet aspect ne me freine pas.
Je travaille beaucoup avec la broderie, comme sur ce serre-tête, par exemple. C'est une broderie réalisée dans un atelier indien partenaire avec lequel nous travaillons. Nous travaillons aussi sur des satins de coton au revers. Voici une pièce lancée pour le printemps qui est 100 % soie, achetée chez un fournisseur français, avec une très belle finition et une touche de brillance. C'est discret et peut être porté au quotidien. Elle est doublée d'un satin qui permet au serre-tête de bien tenir dans les cheveux, contrairement à la soie seule qui peut glisser.
J'aime aussi énormément les broderies un peu plus complexes. Ici, vous avez un modèle avec un fil de zardosi, et là, une broderie avec des cristaux et des sequins, beaucoup plus festive.

Pourquoi ce nom : L'Otarie Club ?
J'ai choisi ce nom au début, quand j'ai lancé l'entreprise. Ce n'était pas un projet très sérieux au départ. Je voulais un jeu de mots et je voulais un animal, car c'est quelque chose qui marque les esprits pour une marque. Je souhaitais aussi un positionnement direct car je savais que je voulais travailler sur des matières haut de gamme. La référence est donc faite au Rotary Club. Ensuite, la marque a commencé à bien fonctionner et c'est devenu une marque reconnaissable avec ce positionnement qui perdure, mais avec beaucoup plus de sérieux qu'au début.
Pourquoi avoir choisi le style parisien des années 50 comme source d'inspiration ?
J'avais deux grands-mères très coquettes qui s'habillaient toujours avec une broche ou un foulard au quotidien. L'une d'elles disait toujours : « Tu ne vas pas sortir "en cheveux" » (nu-tête). Cette phrase m'a influencée. Je trouve que ce style me correspond bien, d'abord pour l'identité familiale, et ensuite parce que c'est un style que j'aime voir sur les femmes au quotidien. Je trouve cela très élégant, une simplicité qui se suffit à elle-même avec de beaux tissus et des pièces bien exécutées.
Est-ce que L'Otarie Club a un rêve secret ?
Oui, en effet... ce n'est plus un secret puisque je le dis à tout le monde, mais j'adorerais voir un jour l'un de mes serre-têtes porté par Kate Middleton.

Quel a été votre plus grand défi lors de la création de la marque ?
Comme tout entrepreneur, je dirais que c'est d'arriver à équilibrer vie personnelle et vie professionnelle. J'ai choisi de créer mon entreprise pour cela. La société a grandi et il a fallu combiner les deux agendas, ce qui a été assez complexe. Aujourd'hui, l'entreprise commence à être bien établie. Nous avons déménagé l'été dernier pour nous installer à Paris, et la marque se réinstalle ici avec plus d'aide, de soutien et de nouvelles personnes qui viennent aider à la production. Mais il est vrai que concilier les deux n'est pas facile, tous les entrepreneurs le savent.